Manuscrito
Madame
Rivail rue Mauconseil 18
À Paris
[Cachet départ :] CHÂTEAU-DU-LOIR (71) 19 FEVR 1847
[Cachet arrivée :] PARIS 12 (60) 20 FEVR 47
Ce 19 février 1847
Mon Carnaval, ma bonne amie, s'est passé assez bien pour ma santé, quoique mes étouffements ont doublé depuis ton voyage et mon sommeil est encore diminué de moitié et obligée de fumer 2 ou trois fois par nuit. Je ne peux plus rien faire, ma mémoire me manque entièrement, ce qui fait que M. Boudet ne peut pas s'en accommoder et cela le met dans des colères affreuses et cela ne met pas mon sort très heureux.
Je ne peux point tirer un pouce d'ouvrage de mon domestique, elle ne fait que son ouvrage de chambre et sa cuisine, tant bien que mal, elle ne sait que dépenser, je suis bien mécontente, ton père veut que je la garde.
J'espère que tu te sera donné un peu de distraction quoique le temps n'a pas été très beau.
Je te remercie bien de toutes les bonnes choses que tu as eu la bonté de nous envoyer, nous avons fait nos jours gras avec, et nos oranges que nous qui étaient parfaites je les ai coupées par tranches mises avec du sucre de l'eau de vie et du rhum.
Nous sommes bien tranquilles, on fait 2 distributions de pain par semaine, ce qui fait grand bien au pays. Nous avons manqué 2 fois de beurre et d'œufs au marché on les a payé jusque 22 sous la douzaine et le beurre le même prix.
/2/
On a été obligé d'envoyer les gendarmes sur toutes les routes afin qu'on puisse en avoir quelques livres, pour les œufs on a pris le parti d'empêcher d'en vendre à moins que l’on ne les achète et que 12 sous si bien que nous en <sommes> à douze sous, j'ai été des mois sans en manger, on paye encore le beurre 18 sous mais au moins on en trouve et il n'est pas très bon.
Voilà toutes nos tribulations, car le carnaval s’est passé avec la bague et les danses ordinaires, tous ces messieurs-là n'ont pas fait de repas, ils ont donné la dépense aux pauvres.
Depuis trois semaines notre pain a augmenté de 16 sous sur la taxe. Je ne sais où cela ira, nous avons encore 5 mois à pâtir, plus de pommes de terre, les légumes sont augmentés du double, toutes les personnes qui ont l'habitude [de] venir au jour de l'an sont venus et te disent beaucoup de choses aimables, il n'y a que M. Gendron que je n'ai pas eu le plaisir de voir, j’ai vu Mme Bellegarde qui t'embrasse.
[Père d’Amélie ?]
Henri Gendron est à Paris pour soutenir sa thèse et reviendra vraisemblablement après, si tu sais son adresse tu pourrais lui envoyer ce que je t'ai demandé, je pourrais la faire demander à Mme Gendron.
[Mère d’Amélie]
Ce 20 février 1847
Tu vois dans quel état est ton père, il n'a plus de force, il ne peut plus marcher, ces engelures sont tout écorchées, j'ai bien peur d’avoir cette crise à supporter.
Je t'embrasse de tout mon cœur.
Je suis assez aujourd'hui.
J'embrasse Mesdames Musset.
J'oubliais de te dire que j'ai fait mon jubilé qui a été très bien jusqu'au moment de recevoir l’Eucharistie je me suis trouvée mal, j'étais à genoux, j'ai été obligée de m'asseoir à l'instant, heureusement j'ai eu le temps de la recevoir sur ma langue, j'étais à jeun depuis onze heures du soir, aussitôt que j'ai pu manger il n'y a plus paru, je n'ai plus aucune force.
| [396] | 05/12/1846 | Carta [em andamento] |
| [398] | 02/01/1847 | Carta [em andamento] |
| [127] | 03/02/1847 | Carta de Julien-Louis Boudet para Amélie Gabrielle Boudet [em andamento] |
| [272] | 23/02/1847 | Carta de Julie-Louise Seigneat de Lacombe para Amélie Gabrielle Boudet |
| [400] | 06/04/1847 | Carta [em andamento] |
| [401] | 12/05/1847 | Carta [em andamento] |