Manuscrito
Chat. Samedi 5 décembre 1846
J'avais attendu ma chère Amélie l'arrivée de Mme Potier qu’on avait annoncée pour avant-hier ; J’ai envoyé hier et on a répondu qu'elle ne viendrait que mardi prochain.
J'ai remis lundi à Frédéric
1º 2 sacs de pommes de pin et la corbeille aussi remplie de pommes de pin
2º un sac de marrons de deux décalitres à peu près
3º les noix et un petit sac d'amandes pour remplir le sac
4º la petite corbeille de saponaire et de laurier et thym le tout pesant 268 livres. Il est parti mardi et doit être rendu à Paris dimanche. Tu verras que les marrons sont magnifiques ; je ne me rappelle d'en avoir vu d'aussi beaux.
J'en adresse aussi un sac à Mme Gastine contenant un bon grand boisseau de l’ancienne mesure pesant 42 livres. Je n’ai gardé pour moi un ou deux litres au plus, n'ayant pu en trouver de petits, c’est ce qui m’est resté des quatre boisseaux que j’ai achetés.
Tu ne m'as pas dit ce que tu avais touché pour nos actions Lafarge, et combien il en est décidément fort.
J'ai terminé le 1er un placement sur hypothèque de 6000 fr. avec un notaire Langlois Meunier à Nogent. Il devait être de 8000 fr. mais il a reçu samedi une somme
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de 2000 et il ne lui a plus fallu que 6000 ce qui m'oblige de mettre provisoirement cette somme de 2000 fr. chez M. Callier, n’ayant pas de quoi acheter une autre action de la Banque, il paraît qu'elles sont toujours un peu en baisse, 3460 fr.
Mme Lebrun est avec un fort rhume depuis plus de quinze jours, nous ne l'avons vue qu'une fois depuis ce moment, elle ne sort pas du tout.
Nous avons vu Mmes Boulard et Gendron depuis leur retour. Elles te disent mille choses.
Il faut croire qu’enfin tes sous-maîtresses vont se rétablir entièrement et que tu ne seras plus obligée de faire leur besogne, tu en as assez sans cela.
Dis à M. Musset que je suis fâché de son accident, donne m’en des nouvelles en lui faisant mes compliments et présente mes respects à Madame.
Je t'embrasse, compliments et amitiés à ton mari.
Ton père. JB
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Et moi je t'embrasse et suis très contente de ce que ta santé se soutient dans tous tes embarras. Voilà un temps superbe pour la saison, il va nous faire mourir tous les insectes qui nous mangent tous nos légumes, mes dahlias sont rentrés à temps.
Ma santé est assez bonne pour ma position, je suis toujours contente de mes cigarettes, elles m'arrêtent mes étouffements à l'instant, c'est dommage que ce soit si cher car il faudrait fumer 3 fois par jours, je crois que j’étoufferais beaucoup moins.
Je mange passablement et j'ai pris un <moyen> pour ne pas étouffer, je mange au milieu <de> 3 bouchées de pain et je trouve que j’ai plus de force, je travaille toujours et c’est ce qui fait ma récréation et je passe ma journée sans m'ennuyer et je ne trouve pas le temps long et je ne m'ennuie jamais. Il faut à présent que nos lettres soient mises à la poste avant midi ce qui ne m’arrange pas, parce que je suis un peu paresseuse.
Je vous embrasse de tout mon cœur
Ton père est toujours le même toussant se croyant ne pouvant plus rien faire.
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Madame Rivail
18 Rue Mauconseil
à Paris
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| [395] | 10/11/1846 | Carta [em andamento] |
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