Manuscrito

Carta [em andamento] [14/10/1846]
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Ce 14 octobre 1846

Ta lettre m’a fait grand plaisir ma bonne amie car je commençais à être inquiète, ce que je suis fâchée c’est que tu as trouvé ton mari souffrant, mais j’espère que ta présence l’aura tranquillisé et reposé de son travail.

Nous avons fait nos vendanges sans personnes de nous, n’ayant pu faire tout dans la journée, il est resté Goutard pour le lendemain, aussi on nous a vendangé la nuit, il nous est resté un petit paquet ce qui fait que nous avons eu 3 bussent et près d’une busse de vin rouge, il sera très bon.

Je te dirai donc que voilà 4 jours que je n’ai eu de suffocation, que je dors un peu plus, je mange toutes les nuits trois bouchées de pain trempé dans deux doigts de vin vieux, enfin je m’en trouve mieux. J’ai fait avenir des cigarettes de Spie (je ne puis pas allumer ma pipe).

Il y a une grande quantité de vin, on ne sait pas encore quel en sera le prix.

Nous <étonnons> cette semaine et l’autre j’ai les lingères, ce qui finira tous nos tracas.

Depuis les vendanges nous avons tous jours

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de la pluie, nous avons fait un savonnage et nous ne savons si je pourrai le sécher.

Mme Lebrun est revenue de ces vendanges et elle a fait 15 pièces de vin dans une arpent et demie de vignes aux Janières, et elle espère le vendre 160 francs, elle en a <aussi> autant ; voilà deux jours que nous avons repris notre <trilrai> et je m’en tire sans fatigue et cela me distrait et m’empêche de dormir et nous couchons à près de dix heures et elle nous donne les nouvelles de notre département.

Le Mans est sans maire ni adjoint, les électeurs sont dans une rumeur, ils ont perdu leurs députés et c’est M. de Lamoricière qui sera le nôtre au grand déplaisir des partisans de M. de Montesquiou, M. Lelong donne aujourd’hui un grand dîner à ces messieurs et un diner à l'auberge (payant) je crois demain.

Tu vois que notre petit pays se distingue.

Ton père n’est pas très bien il crache un peu de sang.

Adieu ma bonne je t’embrasse de tout mon cœur ainsi que ton mari.

Je désire aussi que toutes les sous-maitresses soient au complet afin que tu puisses te reposer.

Donne-nous de tes nouvelles.

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Madame

Madame Rivail

18 rue Monconseil

À Paris

[Cachet départ :] CHÂTEAU-DU-LOIR (71) 15 OCT 1846

[Cachet arrivée :] PARIS 12 (60) 16 OCT 46

25/08/1846 Carta [em andamento]
20/09/1846 Carta de Allan Kardec para Amélie Gabrielle Boudet
26/09/1846 Carta de Allan Kardec para Amélie-Gabrielle Boudet
10/11/1846 Carta [em andamento]
05/12/1846 Carta [em andamento]
03/02/1847 Carta de Julien-Louis Boudet para Amélie Gabrielle Boudet [em andamento]