Manuscrito
Cher et très honoré prince,
Depuis le départ de M. Bureau, j’ai été et suis encore très souffrant suites de la grave maladie que j’ai faite au mois de février dernier.
Pour ma santé, il m’eût été nécessaire de prendre un repos absolu, ce qui m’était bien difficile ; cependant j’ai dû, bon gré mal gré, suspendre de temps en temps tout travail sous peine de rechûte, et cela dans un moment bien inopportun, car la fin de l’année me donne un surcroît d’occupations. Tout une grande partie a dû être négligée, notamment la correspondance.
Il a fallu une circonstance aussi impérieuse pour m'empêcher de vous écrire, malgré la contrariété que j’éprouvais de ne pouvoir le faire et encore aujourd’hui suis-je forcé d’être plus laconique que je ne le voudrais.
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Croyez, cher Prince, à toute la part que je prends à la situation de situation de M. votre fils, et au bonheur que j’aurais à pouvoir contribuer à son rétablissement. J’ai consulté plusieurs fois nos guides à son sujet par différents médiums, ne voulant pas m'en rapporter à un seul avis. Tous concordent pour le fond ; la communication que j’ai l’honneur de vous adresser résume le mieux la situation. Dans le cas dont il s’agit il y a obsession, mais compliquée d'une affection organique, comme cela se voit très souvent, ce qui rend insuffisants les seuls moyens spirituels. Nous en avons un exemple dans la jeune personne dont parle l’Esprit du docteur Demeure. Comme médication en pareil cas, la médecine homéopathique est incontestablement préférable.
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J’aurais voulu pouvoir vous donner une solution plus satisfaisante ; mais il est des épreuves qu’il faut subir jusqu’au bout, et qui sont d’autant plus méritoires qu'on les supporte avec plus de courage et de résignation.
J’ai également consulté nos guides sur votre projet de publier en langue russe une réfutation des attaques dirigées dans votre pays contre le spiritisme. Leur avis est qu’il y aurait inopportunité et même inconvénient à le faire, attendu que cela soulèverait une polémique plus nuisible qu’utile à la cause, et pourrait vous susciter des désagréments. Je partage entièrement cette opinion et pense que vous ferez sagement de vous abstenir. Madame A.K. est très sensible à votre bon souvenir ainsi que la Société de Paris. Tous vous prient d'agréer leurs salutations empressées.
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Recevez je vous prie, cher et honoré Prince, l’expression de mes sentiments les plus distingués et de mon entier dévoûment.