Manuscrito

Carta [em andamento] [13/08/1847]
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La Celle le 13 août [1847]

Comme tu dis ma bonne Amélie c'est vraiment trop de malheur à la fois, c’est au moment où tu avais l'espoir de conserver encore quelques années ton excellente mère, après avoir bien supporté le voyage, que tu la perds, cela est affreux, ô combien chère amie je partage ta douleur de toutes les pertes celle d'une mère est la plus cruelle, rien dans le monde ne pouvant la remplacer, c'est une affection, un amour, de tous les instants, personne plus que moi ne prend part à la douleur, il y a 24 ans j'ai éprouvé pareil malheur on ne sait comment on peut résister à de pareils chagrins, surtout quand elles sont aussi bonnes qu'elles étaient l'une et l'autre. Combien je regrette chère amie de ne pas avoir été près de toi dans un pareil moment, j'aurais mêlé mes larmes

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aux tiennes, c’est quand on a du chagrin qu’on a besoin d'être entouré de ses amis, de ceux qui nous aiment et nous comprennent, je vois avec plaisir que la famille Gatine a été bien pour toi, cela ne m'étonne pas de la part de la mère, c'est une bonne et excellente femme qu'on trouve toujours quand on en a besoin, pour mon compte je l'aime beaucoup, et puis elle a tant de rapport avec ta pauvre mère que c'est un titre de plus à mon affection.

J'espère ma bonne amie que tu es plus contente de la santé de M. Rivail, comme tu dis fort bien avec un peu plus de tranquillité d'esprit et moins de travail il se remettra entièrement, je le désire bien sincèrement, rappelle-moi à son souvenir.

Tu me dis chère bonne ne point avoir entendu parler de mes Messieurs, cela ne m'étonne pas, mon fils était

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absent je pense lors de ton malheureux évènement et M. Musset ne va jamais à aucune cérémonie qui à son âge pourrait lui faire impression, mais je ne doute pas qu'il est été te voir depuis que tu m'as écrit connaissant l'amitié qu'il te porte. Je ne te parle pas de Caroline voulant te dire elle-même tout ce que son cœur ressent pour sa bonne Amélie. Adieu chère amie, ménage-toi bien et que ta santé au moins ne se ressente pas des plaies de ton pauvre cœur, ce serait un double chagrin pour ceux qui t'aiment.

Le jour de notre départ pour Moulins n'est pas encore fixé, mais je pense que ce sera du 22 au 25, tu sais que Caroline et sa fille viennent avec moi et l'on viendra les chercher dans la première 15 de

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septembre.

[Autre écriture]

Je ne puis t'exprimer que bien faiblement ma chère Amélie tout le chagrin et toute la part que je prends à ta douleur, et cependant mon cœur te comprend mieux que personne, je me mets si bien à ta place ! je ressens si bien tout ce que tu dois éprouver, pauvre chère bonne, c'est vraiment trop à la fois ! que ne sommes-nous près de toi dans ces premiers moments où il me semble on a tant besoin d'éprouver l’amitié, et d'en recevoir quelques consolations, si elle ne nous fait pas oublier nos chagrins, elle nous prouve que nous ne restons pas seuls et qu'il est encore des êtres qui nous aiment. Je désire sincèrement que la santé de ton mari se rétablisse, le repos des vacances y contribuera probablement et toi-même chère amie tâche de profiter de ce temps pour te reposer un peu, que nous n'ayons pas avec l'absence le chagrin de te savoir souffrante. Ma chérie ne te parle

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pas de sa santé, mais je puis te dire qu'elle n'est pas mal du tout, elle a bien quelquefois de petits malaises, mais ce n'est presque rien, elle mange bien, et il me semble que sa figure est un peu plus pleine, elle avait grand besoin d'engraisser, elle est si maigre ! Marie va boit sauf le nez et la lèvre toujours enflée, elle me charge tout particulièrement de t'embrasser bien fort et de te dire qu'elle t'aime bien, Léon et Rosalie te prient d'être bien assurée de la part qu'ils prennent au nouveau chagrin qui t'accable en ce moment, ils t'assurent de leur amitié en te disant mille choses, pour moi [page 6] chère bonne te répéterai-je toute mon affection pour toi, non tu dois la connaître, elle t'est assurée pour toujours, mon cœur ne changera jamais à ton égard et tu peux bien être persuadée qu’il te trouvera toujours un écho soit pour la joie soit pour la douleur. Souvenir affectueux à ton mari, et nombre de baisers que je t'envoie.

Ta toute dévouée Caroline.

24/06/1847 Carta [em andamento]
06/07/1847 Carta para Amélie-Gabrielle Boudet
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DD/MM/1847 Discurso Allan Kardec [em andamento]
01/07/1848 Carta [em andamento]
DD/MM/1848 Discurso Allan Kardec [em andamento]