Manuscrito
Madame Rivail
18 rue Mauconseil
À Paris
[Cachet départ :] CHÂTEAU-DU-LOIR (71) 21 MAI 1846
[Cachet arrivés :] Illisible
Mercredi 20 mai 1846
Je te remercie, ma chère Amélie, de ton exactitude à nous donner des nouvelles de ton retour : ton voyage a été prompt et heureux, à cela près du petit événement qui paraît n’avoir été fatal qu’à ton pâté dont tu auras pu encore goûter des débris, tu ne parles pas du gâteau d’amandes ; nous avions ta lettre à 2 heures et demie.
J’ai différé quelques jours à t’écrire espérant t’annoncer du mieux dans l’état de ta mère ; elle est toujours à peu près de même, assoupie dans le jour et dormant peu la nuit, elle a fait coucher Madelaine dans l’alcôve et ne l’a pas encore dérangée.
L’appétit ne revient pas, elle prend son café à 6 à 7 heures, à onze un bouillon clair, à 3 h 1/2 un autre bouillon dans lequel elle trempe une petite croûte et ensuite une bouchée de veau froid. Elle serait plutôt un peu mieux que plus mal.
Mme Martel revenue lundi, est venue la voir hier et m’a chargé de te dire beaucoup de choses, Mme Gendron t’en dit autant, elle sort d’ici, son fils est arrivé hier pour passer
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une quinzaine, M. Gendron n’est pas venu, il a un peu mal à la gorge.
Adieu ma chère fille je t’embrasse et ne te donnerai de nouvelles que quand il y aura un mieux prononcé. Compliments à ton mari.
Boudet
P.S. J’ai cru me ressouvenir en lisant le journal que le mari de ta sous-maîtresse a été acquitté.
Ta mère a pris deux fois de son sirop d’oranger, et cela l’a fait évacuer chaque fois.