Manuscrito

Carta [06/01/1845]
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Ce 6 janvier 1845

Je te remercie bien ma chère bonne amie des vœux bien sincères que tu fais pour nous, et moi j'en fais toute l'année pour votre bonheur à tous.

Ce qui me fait grand plaisir, c'est de voir que vous pourrez prospérer, votre tableau est bien imaginé. Étant dans un quartier commerçant cela pourra vous donner des élèves.

Ma santé n'est pas très mauvaise, depuis deux mois je tremble et mon écriture s'en ressent et j'ai beaucoup de peine à écrire. Je crois que tu pourrais te dispenser d'aller à la messe, ménage-toi bien tu es essentielle à tout ton monde.

Nous avons reçu des visites des personnes chez qui tu as été, M. et Mme Alphonse sont venus et bien fâchés de n'avoir pas pu trouver ta demeure. Ils ont été à toutes les portes de la rue Taranne et personne n'a pu leur enseigner. Dis-moi un peu si tu m'as apporté de l'eau de Cologne, je ne m'en souviens plus.

Nous avons à la maison ton boisseau de marrons, ils partiront cette semaine avec celui de Mme Gatine et tout ce que nous avons à t’envoyer. Je voudrais que tu ajoutes à ma liste de commissions :

une livre d'oignons brûlés

2 boîtes de papier à lettre [coterre ?]

4 gros de safrans

Que je plains Mme Musset d'être sujette à de si forts rhumes.

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Embrasse-la pour moi je désire que sa santé soit meilleure.

La santé de ton père est toujours toussant, et pour surcroît il ne peut plus remuer sans étouffer, ce qui le contrarie beaucoup, ce qui le rend extrêmement paresseux.

Toutes les dames que tu as été voir sont venues nous faire visite et m'ont chargée de te dire mille choses aimables, même Mlle Stéphanie.

Adieu mes bonnes petites, je vous embrasse de tout mon cœur.

Mille choses aimables à ton mari et à ton oncle.

Tu ne me parles plus de Mme Henry.

[Pas de signature, mais c’est la mère d’Amélie]

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J'attendais avec impatience ma chère Amélie, ta lettre de nouvelle année, que tu es si exacte à nous écrire et que je désirais d'autant plus dans ce moment que notre journal (Le Constitutionnel) que M. Gendron a pris pour avoir le Juif errant, que ce journal est effrayant par tout ce qu'il rapporte des événements qui arrivent à Paris et dans les quartiers très fréquentés, il n'y a pas de jours où il n'y en ait d'après dans un quartier ou dans l’autre et à toutes les heures. Ainsi ma bonne amie donne-nous de tes nouvelles le plus souvent possible, ne fut-ce que quelques mots.

Je te remercie bien des vœux et des souhaits que tu me fais à l'occasion de la nouvelle année. Je sais comme ils sont sincères, les miens ne le sont pas moins et j’espère si votre établissement continue que vous n'aurez rien à désirer de ce côté, une bonne santé avec cela et un peu de fatigue que tu pourrais éviter ce semble en prenant une demoiselle sous-maîtresse de plus pour te borner à une surveillance active.

Je n'ai eu le courage par ces grands froids de retourner au marché aux marrons ; ne voulant pas passer l’année sans manger de marrons j’avais fait venir la femme Gaudin qui nous vend ces fruits ; elle m’en apporta deux livres de si beaux et de si sains que cela me donna l’idée de la charger de m’en acheter deux boisseaux pour toi et Mme Gastines, mais elle n’a pas pu m’en trouver de pareils. Voila 15 jours que les fais sécher et que je trie les petits et ceux qui se gâtent sans pouvoir trouver le dernier. J’en ai fait racheter un demi boisseau

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pour les remplacer, ceux-là me paraissent bons, heureusement que tu verras promptement la fin de cette provision car comme je te le disais ils ne se garderaient pas.

Frédéric est parti hier, n'étant pas encore en mesure j'attends Fourinont qui doit partir cette semaine et que je chargerai de tes noix et d'un grand boisseau d'amandes. J'y joindrai le livre chauffe-pied que tu demandes. Je désire qu'il t’arrive à bon port car il ne vaut pas grand-chose ; ce sera un peu lourd à porter jusqu'à St. Eustache.

J'ai été obligée de payer 5 fr à Frédéric.

J’ai porté à YC ce que tu as reçu pour nos actions Lafarge ; tu as bien fait de mettre cet argent à la Caisse d'Épargne ; tu pourras en faire autant des 250 fr que tu feras passer Felix Gatines. Les Jutérêe est échu du 1er de ce mois.

Nous avons eu hier la visite de Mlle Stéphanie. Elle te fait bien des amitiés. Mme de Savonnière va bien, Mme de Jourdan doit encore aller passer trois mois en Belgique, elle part au mois d'avril. Toutes les visites que nous avons reçues se sont bien informées de toi et nous ont chargé de te dire bien des choses.

La santé de cette pauvre Mme Musset est vraiment désolante. Elle va donc être un peu mieux pour recevoir sa chère fille, présente-lui mon respect et assure-la bien que si mes vœux étaient exaucés elle jouirait d'une meilleure santé. Compliments au père et au fils.

Je remercie ton mari et ton oncle de leurs souhaits, je les prie de recevoir les miens : embrasse ta petite Louise pour moi et dis-lui combien je désire qu'elle se porte bien, afin de pouvoir travailler aussi utilement qu'elle le fait.

C'est Henry Gendron que je charge de ce paquet qui contient le certificat de vie de ta mère, il part demain mardi pour aller prendre une seconde inscription.

Adieu ma bonne amie, je t'embrasse bien tendrement. Ton père, [JB]

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