Manuscrito

Carta [11/04/1845]
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Madame Rivail

18 rue Mauconseil

À Paris

[Cachet départ :] CHÂTEAU DU LOIR 12 AVRIL 1845 (71)

[Cachet arrivée :] PARIS 13 Avril 45 (60)

Ce 11 Avril 1845

J’ai été bien longtemps sans te donner de nos nouvelles ma bonne amie. Si tu savais qu’à mon âge tout est peine et tourment.

Dans ce moment ton père a un pied sur un coussin avec un mal de pied, il a une inflammation à tous les doigts du pied dont un rend et il est dans l’impossibilité de s’occuper de rien. Il a en outre des douleurs dans les épaules et dans l’estomac et comme à son ordinaire il ne veut pas entendre parler de M. Gendron.

Et pour me <racheter> j’avais à jour une petite bonne de 21 ans qui ne sait rien du tout parce que ma bonne femme me laisse à la fin de son mois. Je ne la regrette pas.

Le bon Dieu me donne des forces. <Excepté> mon étouffement, je vais encore. J’espère que tu ne seras pas longtemps sans nous donner de vos nouvelles. Le temps devenu doux aura guéri vos toux.

J’ai trouvé le sucre très beau et très bon.

/2/

J’en suis très contente et je n’en ai pas trop. Je venais d’en acheter 17 livres à 17 sous et demi. Eh bien de tout cela j’aurai bien de la peine à aller jusqu’à la fin de l’année.

Depuis le mois de janvier nous avons vu que M. et Mme Martel une fois et Mlle Stéphanie une fois, Mme Lebrun qui me demande de tes nouvelles, j'ai vu Mme Gendron deux ou trois fois et Mme Boclard une fois.

J’ai fait mes Pâques la veille de la Quasimodo. Et je n’ai été ni fatiguée, ni incommodée. Donne-moi des nouvelles de tout ton monde surtout de M. de Mme Musset et de Mme Gatine.

Adieu ma bonne amie je t'embrasse de tout mon cœur. Ta mère.

Tu me fais plaisir de me dire que tu es contente si votre entreprise continue à aller de même comme cette année vous pourrez compter sur quelque chose.

/3/

Ta mère te dit, ma bonne Amélie, l’état de nullité où je suis et que je ne puis plus me livrer à rien; j’en ai même été réduit à ne pouvoir lire ce qui rend mes soirées, quoiqu'elles ne soient pas trop longues maintenant, bien ennuyeuses ; mais ce qu’elle ne te dit pas c'est qu’avec cela tout le monde me trouve bonne mine ; ce qui est en effet.

Je vois avec peine qu’il y a encore bien loin jusqu’au moment où je pourrai t'embrasser et raisonner avec toi de ce que je voudrais faire puisque je ne puis plus m’occuper de rien. Je ne suis sorti qu'une fois cette année pour aller chez M. Blavette et je n’ai guère mieux d’autre. Je ne suis pas un jour sans penser à la créance de M. Musset qui va toujours se grossissant, ce qui me tourmente ; si ta mère pensait comme moi j’y verrai je crois un moyen, mais je ne lui en parlerai pas, ce serait un moyen sûr pour qu’il fut trouvé mauvais : cependant nous avons pourtant la nécessité de prendre un parti, nous allons demain commencer une quatrième éducation, c’est encore une petite fille <à> la hauteur <à> la cheminée qui n’a été que bonne d’enfant. Ce qui est encore étonnant et très heureux, c’est ce que peut faire ta mère malgré ses étouffements.

Si dans ta grande maison il se trouve un petit appartement à l’entresol qui ne fût pas cher, tu me le marqueras. Dans ce que j’ai envie de te proposer c’est surtout dans ton intérêt pécuniaire et aussi dans celui de ma triste existence que j’y pense tous les jours.

Adieu ma chère Amélie, je t’embrasse ainsi que ton mari et ta petite Louise ; distribue compliments respectueux et amitiés et crois toujours à ma tendresse.

Ton Père JB

P. S. Nous avons vu dans le journal la faillite de M. Marais, sa femme et son père sont partis de suite pour Paris.

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