Manuscrito

Carta [26/05/1845]
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Ce 26 Mai 1845

Nous avons été très étonnés de recevoir ta première lettre du ministère des finances, mais la seconde a été mise à la poste, cela ne nous a pas étonnés parce que ces mrs [messieurs] n'osent pas se compromettre.

Nous avons ma bonne amie été bien tranquilles sur l'état de la petite parce que Mme Lebrun en a parlé à M. Gendron qui a dit que ce n'était point dangereux, qu'il y a beaucoup de personnes qui en étaient atteintes. Ton père est guéri de son mal de pied, ce n'était que des engelures qui s'étaient écornées, pour ses douleurs d'épaule et des reins sont toujours de même, toutes ses forces se sont en allées et sa surdité est de plus en plus forte, il n'est plus en état d'aller à sa cave et ne peut plus s'occuper de son jardin ; cela est bien désolant pour notre ménage, cela est bien désolant de n'avoir personne pour nous suppléer car pour moi je ne suis plus capable de rien.

Je suis enfin débarrassée de tous mes mauvais sujets, j'ai enfin trouvé une petite bonne de 21 ans qui ne sait rien mais fait tout ce que l'on lui dit, elle fait tout ce que l'on dit de faire agréablement, je la crois fidèle, voilà un mois que je l'ai, et j'en suis assez contente ; ce qui me fatigue le plus c'est la cuisine

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c’est tous les jours un heure debout à mon fourneau ; je reviens pour diner avec un étouffement qui m'empêche de diner.

J'ai toujours oublié de te parler de mon petit pot, je ne m'en étais pas encore servi comme je parlais à Mme Lebrun du gland doux pour remplacer le café, elle me dit qu'elle s'en servait, elle [a] eu la complaisance de m'en apporter ; je me mis sur le champ à en mettre dans mon petit pot et j'en ai pris après mon diner ; je ne l'ai pas trouvé mauvais, ce qui me fâche c'est que l'on ne le prend pas avec du lait. S’il avait toutes les qualités que l'on lui donne tu ferais bien d'en faire prendre à ta petite, parce qu’il y en a en farine et c'est très bon pour les enfants délicats. Mon jardin a été quinze jours très joli, toutes les fleurs passées et les rosiers qui succèdent ordinairement à peine sont-ils en boutons, tout ce que nous semons rentre en terre, nous payons dans ce moment 2 petites carottes et un petit poireau 3 sous et enfin nous n'avons pas quitté le feu.

Dans tous les cas, dans quel état de santé [que] soit la petite il faut que tu viennes et que tu l'amènes parce que tu as vu que l'air de Château-du-Loir l'a toujours remise, ainsi il n'y a pas à balancer d'abord parce que d'ici à trois mois elle sera guérie, tous ces bains doivent la rendre faible, nous prendrons du chocolat tous les matins.

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J'ai été très contente de ton sucre, je venais d'en acheter 17 livres et je n'en aurai pas assez pour aller à la fin de l'année ; le sucre le moins beau est très bon, il est plus sucré que l'autre, il est très bon à manger.

J'ai été contente des nouvelles que tu me donnes de Mme Musset, embrasse-la pour moi et dis-lui que [je] pense toujours à elle. J'embrasse ton mari et toi de tout mon cœur et de dire des honnêtes à toutes les personnes qui veulent bien penser à nous. Ta mère.

[Du père d’Amélie]

Je suis toujours de plus en plus paresseux aussi je voyais avec plaisir ta bonne résolution, par ta dernière, sans date, de profiter du sous-chef de l’administration des postes pour nous donner souvent de tes nouvelles ; quoique cette dernière n'ai pas profité de cette faveur, puisqu'elle nous est arrivée sans enveloppe comme l’était l'avant dernière et qu'elle ait été taxée, que cela ne t'arrête pas, je t’ai toujours dit que je ne trouvais pas d'argent mieux employé qu'à payer le port de tes lettres.

J'ai reçu il y a quelques jours une lettre de M. Desportes auquel je répondrai dans peu pour l'engager à passer chez toi recevoir les rentes que j'ai reçues pour lui ; n'ayant pu trouver son dernier acquis je ne puis me ressouvenir de ce que je lui dois, je crois que cela peut aller à environ 200 fr. Si tu n'as pas d'argent arrange-toi pour en retirer de la Caisse d'Épargne.

Il paraît qu'on paye bien mal à Forges puisque tu n'as pas encore reçu l'année d'intérêt échu en janvier, il me semble qu'on pourrait écrire au débiteur. Je vais être bien embarrassé on me rembourse presque à chaque échéance. Véron doit encore me rembourser en juillet, il ne me restera plus qu'en placement de 5000 f à M. Dior qui m'en a déjà parlé. Est-ce que ne trouverait pas à Paris car je ne voudrais pas toujours mettre chez M. Cullier où j'ai déjà 3000 f.

M. Lebouc est mort il y a 8 à 10 jours, on lève depuis près d’un mois les scellés à La Motte. M. de Fontenay a fait légataire universelle à <xxx>

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la femme d'un parent qui était chez lui, elle en aura à peu près 300,000 f.

Adieu ma bonne amie, continue à te bien porter, je t'embrasse et je finis car mes reins me font bien mal. [JB]

Madame Rivail

18 rue Mauconseil

Paris

[Cachet départ :] CHÂTEAU-DU-LOIR (71) 27 MAI 1845

[Cachet d’arrivée :] Paris 12 (60) [date illisible]

P. S. Tu ne nous as pas dit quel était le prix de la pension de la maison près le Jardin des Plantes ; je crains que cela ne soit trop cher pour nous, surtout ne mangeant presque plus ; cependant cela vaudrait bien mieux quoique bien loin de toi que d’être à 50 lieues, je ne sais pas s’il ne vaudra pas encore mieux payer un loyer un peu plus cher.

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