Manuscrito
M. Villon
2 février 1866
Cher Monsieur Villon,
J’ai reçu votre bonne lettre du 31 janvier, et vous remercie de la communication d’Alfred de Musset que vous avez bien voulu y joindre. Je l’ai lue avec d’autant plus d’intérêt qu’elle est de circonstance, et parfaitement dans la situation, et qu’elle vient corroborer une foule de communications données sur le même sujet. Je suis heureux de recevoir de vous-même l'assurance qu’elle répond entièrement à votre pensée.
Assurément, les dissidences sont toujours regrettables, mais outre qu’il est impossible de les éviter, elles ont ici leur utilité en ce que, comme nous le disent nos guides spirituels, elles permettent de distinguer les dévoûments sincères des dévoûments factices ou intéressés. Combien de ceux-ci n’ont recueilli que des déceptions et ont déjà vu chavirer leur barque. Ne voulant pas reconnaître que la faute en est à eux, ils s’en prennent à la chose ; le spiritisme ne leur ayant pas donné ce qu’ils espéraient, ils disent que le spiritisme est mauvais ; s’il eût favorisé leur ambition
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ou leur orgueil, il serait excellent.
Si ces dissidences amènent quelques défections, elles ne détachent du tronc que les branches mortes ou sans vigueur, et l’arbre débarrassé des rameaux parasites ne s’en porte que mieux. Elles font partie des luttes que doit soutenir la doctrine pour prouver sa force ; quand on aura tout épuisé contre elle sans succès, il faudra bien qu'on reconnaisse son invulnérabilité.
Quant à moi, je ne n'en suis jamais inquiété, parce qu' elles ne sont que l’accomplissement de ce qui m’est annoncé depuis longtemps, et que j’en connais le résultat inévitable, car l’événement n’a jamais fait défaut aux avertissements que nos guides m’ont donnés pour ma gouverne. Je ne puis que plaindre le sort des aveugles qui ne prennent pas le droit chemin, et je prie Dieu de les éclairer et d’étendre sur eux sa miséricorde.
Veuillez à l’occasion, je vous prie, remercier l’Esprit d’Alfred de Musset de sa bonne et encourageante communication.
Votre bien dévoué et affectionné
A.K.