Manuscrito

Carta [13/08/1845]
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Ce 19 août.

Tous les jours je pensais à toi ma chère amie et tous les jours je me disais je vais écrire, eh bien une chose et autre, la matinée se passait et je n’écrivais pas.

Si j’avais voulu continuer la drogue de la méopathie je t’aurais écrit de suite ; comme je voyais que cela n’aboutissait à rien qu’à me fatiguer inutilement, comme je n’étais pas prévenue que c’était un purgatif j’avais des coliques assez fortes qu'il fallait un régime rigoureux pour moi qui ne peux plus manger qu'une bouchée de viande et peu de légumes, je me trouvais très fatiguée.

Je que j’ai lu de M. Raspail et que je crois il me serait plus utile et je te prie de m’apporter une demi-douzaine de ses cigarettes et puis nous verrons après.

Je comptais te parler de cette fameuse robe, je serais bien contente d'en avoir une. Si tu veux m'en apporter huit mètres, si je peux avoir assez pour avoir double manches comme j’ai de la doublure nous la ferons nous deux ma bonne elle est couturière

/2/

avec celle-là je passerai bien mon hiver - enfin voilà 3 jours sans pluie et sans feu - je suis toujours à la glace mes pieds ne peuvent se réchauffer que dans mon lit, ça me donne des douleurs par tout le corps - je marche en double - je ne peux plus me redresser. J'ai fait une paire de bas de laine pour Louise si elle lui va bien je pourrai lui en faire encore cet hiver et même des bas de coton blanc ce qui me rendrait service parce que je ne peux coudre à la lumière – je voudrais une demi-livre de laine, qu’elle soit assez belle pour lui faire des bas un peu jolis je trouverais du coton ici.

Je voudrais avec cela de la laine pour me faire des bas de lit comme celle que tu m’as apportée pour te faire des jarretières.

2 paquets de café Moka car j’en suis très contente (chicorée).

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Nous avons vu miss Pilard à Bellegarde, Martel toutes te disent mille choses aimables.

Nous n'avons plus que 28 jours sans te voir

Je te réponds que je serai bien contente.

Dis à Louise que je serai bien aise de la voir et de me promener avec elle dans le jardin

En attendant je l’embrasse et toi aussi de tout mon cœur. Mille choses honnêtes à ces messieurs.

Ta mère.

[Lettre de Julien Louis Boudet]

Je suis de plus en plus paresseux ma chère Amélie ; tu dois t’en apercevoir, et bon à rien pas même à manger, car il me faut m’observer avec le plus grand soin, ce qui fait qu’après mon déjeuner et mon diner je ne puis pas même me fixer à lire ; il me faut attendre une heure.

D’après ce que j’ai écrit tu savais que ne pouvant trouver à placer ici, il faut bien chercher à trouver ailleurs. Tu aurais pu dire de suite à Félix de s’en occuper ; je crois qu’il aura encore le temps d’ici la fin du mois prochain. Ces placements t’intéressent autant que moi qui n’ai plus besoin que des intérêts, ce qui m’avait fait te prier de chercher à Paris ou ailleurs ; si on ne peut plus trouver à cinq, il faudra bien placer plus bas, l’essentiel est de placer solidement.

/4/

Je n’ai pas encore entendu parler du remboursement de Véron, il n’est pas même venu me payer le semestre échu. Je ne puis donc dire ce que je pourrais ajouter aux 5000 fr qu’on veut rembourser ; c’est bien fâcheux que ce remboursement soit aussi prompt : j’ai 3000 fr chez M. Cullier que je peux y joindre, mais il faut pour les avoir le prévenir un mois d’avance ; d’ici à ce que Félix ait trouvé un placement, j’aurai peut-être vu Véron. Dans tous les cas je remettrai ces six à sept mille francs chez M. Cullier en attendant il me semble que Félix n’a pas besoin de procuration pour accepter une nouvelle obligation, mais seulement pour donner quittance du remboursement.

Le peu de personnes que nous voyons maintenant demandent toujours de tes nouvelles avec intérêt. Mme Gendron est à Gênes, Mme Boistard à <Bamser>, ils se portent bien tous, nous en avons des nouvelles lorsque l’on nous apporte les journaux.

Je n’aurais pas répugne à prendre les petites poudres de la méopathie, quoique je n’y aie pas grande confiance, d’après les effets insignifiants que j’en vois à M. Grosrichard qui en prend depuis deux ou trois ans. Le régime n’est pas gênant mais il faut vivre de privations et de ce qui me plaît le plus, les fruits, ce n’est pas la peine pour le peu de temps que j’ai à vivre. Je ne suis plus absolument bon à rien et je traine une existence bien triste, attendre un an pour la seule jouissance de te voir un mois et craindre de ne pas arriver au terme, voilà ce qui m’aurait fait désirer vendre tout pour rembourser seulement le principal à M. Musset et être près de toi, nous aviserons lorsque tu seras ici à voir si nous pourrions tout vendre, puisque je ne puis plus m’occuper de rien.

Adieu ma bonne amie, j’attends avec impatience le plaisir de t’embrasser ; compliments et amitiés aux messieurs.

Ton père. JB.

Je te donnerai une petite commission dans le prochaine lettre.

26/05/1845 Carta
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