Manuscrito
Société
21 octobre 1864 [ou 1866?]
Méd. Mme.
Costel
Substitution des Esprits
Réponse à la question sur les communications apocryphes de M. Jobart
Les rapports médianimiques sont fréquemment troublés par la mauvaise foi des Esprits qui se substituent les uns aux autres, et usurpent sans façon le nom qui leur ouvre un facile accès dans la confiance de ceux qu’ils inspirent. Leur supercherie découverte ne préserve pas de nouvelles embûches, et jusqu’à présent il n’existe guère d’autres moyens de contrôle que ceux du jugement et de la raison.
À première vue les médiums inquiétés par cette substitution continuelle, trouvent très illogique qu’un Esprit inférieur domine ou usurpe l’individualité supérieure d’un autre Esprit, sans que celui-ci proteste, ou donne des preuves de son identité.
La question du libre arbitre a été épuisée. S’en suit-il qu’aucune discipline ne règle les habitants du monde invisible, que les incarnés leur soient [nota de margem / rasurado: [ilegível]] livrés pieds et <poings / points> liés ; enfin qu’ils exercent leurs méfaits en pleine liberté, sans craindre aucune répression supérieure? Cette opinion blesse le sens commun, et qui pis est le sens moral. Essayons de la redresser.
Dans la médianimité le libre arbitre est exercé, non par les Esprits, mais par les incarnés ; ce sont leurs infériorités, leurs appétits, leurs aptitudes, non seulement organiques, mais encore momentanés qui règlent le degré d’élévation de l’afflux médianimique. Les rapports spirituels exigent une égalité relative, parce que l’homme n’obtient rien que dans la mesure de ses forces, et les forces ne sont jamais dépassées : elles sont mises en valeur, voilà tout.
La substitution d’un Esprit d’un autre ne peut être comparée à l’action répréhensible d’un homme s’emparant frauduleusement de qualités étrangères, par cette raison que vos inspirations
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ne sont pas aussi individuelles que vous le croyez, mais collectives. Le médium n’obtient que la valeur de la note qu’il touche, et les erreurs dont il souffre naissent de ses propres facultés intellectuelles confondues à tort avec les facultés spirituelles. Il serait donc logique et modeste de ne pas attribuer les incertitudes médianimiques aux Esprits, mais plutôt aux médiums qui ne peuvent rien espérer d’évocations faites en dehors des conditions attractives. Leur bonne volonté ne suffit pas, si elle n’est appuyée sur la force personnelle, car les Esprits, comme le ciel, souffrent qu’on leur fasse violence, et aucun d’eux ne peut vaincre les obstacles que lui présente l’imperfection du médium auquel incombe naturellement le travail du progrès spirituel.
Les Esprits, dans leurs rapports avec les incarnée, attendent, comme le soleil, qu’on ouvre les volets pour faire pénétrer leurs rayons dans l’intérieur ; tant pis pour ceux qui demeurent enfermés.
Georges.
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Remarque, cette communication résout la question dans le sens où elle l'a déjà été, mais avec plus de précision sous certains rapports.
L'immixtion des [rasurado] Esprits trompeurs est un des grands écueils de la médiumnité ; on ne saurait donc en approfondir les causes avec trop de soin, et en chercher le remède. Georges le dit clairement : la cause n'est pas dans la volonté des Esprits, mais dans l'aptitude personnelle du médium à s'identifier avec tels ou tels Esprits plutôt qu'avec tels ou tels autres. Le remède est dans l'épuration de soi-même. Au médium, dit-il, incombe le travail du progrès spirituel ; les impuretés sont un repoussoir en quelque sorte matériel pour les fluides à l'aide desquels les Esprits purs se manifestent ; ce sont les volets fermés qui empêchent les rayons du soleil de pénétrer jusqu'à lui, tandis qu'elles attirent ou donnent un accès facile aux fluides similaires des Esprits imparfaits ; c'est un obstacle en quelque sorte matériel à la pénétration des bons fluides.
S'épurer moralement, [rasurado] secouer le joug de la matière, est donc une condition essentielle pour tout médium qui tient à cœur de recevoir l'influx des bons Esprits ; mais malheur à celui qui se fait illusion sur ses propres qualités, et ne voit pas les taches qui obscurcissent son âme ! qui voit la paille dans l'œil du voisin, et non la poutre qui est dans le sien ; qui se croit exempt de blâme parce qu'il n'a ni tué ni volé ; qui étudie ses qualités au lieu d'étudier ses travers ! La dématérialisation consiste-t-elle dans l'ascétisme et la macération ? dans la vie contemplative ? dans l'abandon absolu des choses de la terre ? Non ; mais au contraire dans l'accomplissement des devoirs inhérents à la position qu'on y occupe, en conformité de la loi de charité, car la charité absolue [rasurado] implique toutes les perfections.
La faculté médianimique proprement dite, est indépendante des qualités morales ; comme elle tient à une prédisposition organique, elle peut appartenir au plus grand criminel
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comme au plus grand saint. Il n'en est pas de même de la sûreté des communications qui est en raison du plus ou moins de facilité que rencontrent les fluides épurés des bons Esprits à pénétrer les fluides impurs et compacts qui entourent les médiums imparfaits. Quelque puissants que soient les rayons du soleil, ils ne peuvent pénétrer un brouillard épais. Tel est encore un liquide chargé de matières étrangères qui en troublent la transparence ; une première distillation enlevant une partie de ces matières le rend moins opaque ; puis des distillations successives le rendent de plus en plus pénétrable à la lumière, jusqu'à ce qu'il ait acquis la limpidité du cristal. Ainsi en est-il de nos fluides périspritaux grossiers, à l'égard des fluides éthérés et purifiés des bons Esprits. Ce n'est donc ni la bonne volonté, ni l'autorité des bons Esprits qui font défaut, mais la possibilité de vaincre l'obstacle que leur opposent les fluides du médium. C'est à celui-ci qu'appartient de lever cet obstacle ; il le peut par sa volonté, en s'efforçant d'arracher jusqu'aux plus petites parcelles d'égoïsme, d'orgueil, d'envie, de jalousie, qui font tache sur son âme. Le médium le plus imparfait peut donc [nota de margem: toujours] recevoir des communications, mais de quels Esprits ? là est la question ; et encore, sa faculté, quelque imparfaite qu'elle soit, peut aussi lui être retirée, comme on peut être privé de la vue ou de la parole ; un interdit peut être prononcé sur lui s'il en mésuse, afin de lui prouver qu'il a tort de s'en prévaloir.
Ainsi que le dit Georges, la médiumnité, pour éloigner les Esprits trompeurs ou obsesseurs requiert, de la part des médiums, un travail d'épuration sur lui-même ; ce n'est plus alors une simple faculté mécanique, c'est une communion avec les bons Esprits ; l'envisager de cette manière, c'est en relever la dignité ; c'est fermer la bouche aux détracteurs, [rasurado / nota de margem: [ilegível] détruire tout motif de suspicion de charlatanisme et de jonglerie, [nota de margem: * De telles accusations tombent devant]* les médiums qui savent se faire estimer, respecter et considérer, s'échapperont
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Il reste cependant une difficulté, [rasurado: dont l'obtention] [nota de margem superior: ce sont] [na margem: les] [rasurado: de] communications émanant évidemment de très bons esprits, obtenues parfois par des médiums notoirement imparfaits ; d’où il résulterait que leur imperfection n’est pas un obstacle absolu ; et d’un autre côté, l’impuissance où se trouvent des personnes notoirement méritantes d’en obtenir de bonnes.
Puisque Georges a bien voulu traiter une partie de la question, nous lui serions reconnaissants de la compléter, ou à son défaut nous adressons cette prière à l’un des bons Esprits qui voudront bien se manifester.
| [421] | 07/10/1864 | Diálogo/Comunicação [tradução em andamento] |
| [422] | 07/10/1864 | Diálogo/Comunicação [tradução em andamento] |
| [439] | 21/10/1864 | Diálogo/Comunicação [tradução em andamento] |
| [423] | 28/10/1864 | Diálogo/Comunicação [tradução em andamento] |
| [424] | 28/10/1864 | Diálogo/Comunicação [tradução em andamento] |
| [321] | 07/12/1864 | Comunicação |